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Si l’accueil des demandeurs
d’asile est un secteur relativement
nouveau au regard de l’évolution législative qui définit et précise,
depuis 2006, son cadre juridique, ses missions et ses modalités de
fonctionnement, il reste cependant enraciné dans les valeurs fondatrices
de l’action sociale et des textes qui s’y réfèrent.
De fait, cette « double » appartenance juridique crée une certaine
ambigüité qui place les associations au cœur d’injonctions paradoxales
et qui questionne le sens même de notre action. Les divergences
politiques qui s’expriment sur le sujet stigmatisent un débat de fond
qui, en réalité, pose la question de la place que la société
réserve aux étrangers.
Ainsi, les associations doivent faire face à trois questions principales
:
• la question des objectifs poursuivis
: alors que le travail social vise
l’inclusion dans la société et la mise en autonomie des publics, la
réglementation des CADA interdit cette approche : pas d’apprentissage de
langue financé, pas de possibilité d’accès à une formation qualifiante,
accès au marché du travail très contraint et limité…
• la question de la place des usagers :
à la croisée des obligations
réglementaires issues de la loi du 02/01/2002, parfois contradictoires
avec les obligations issues de la réglementation spécifique appliquée au
CADA, comment mettre en œuvre la politique de participation des usagers,
la contractualisation de la prise en charge, la prise en compte de la
demande des usagers, …
• la question de la fin de la prise en charge :
le CADA génère de l’exclusion sociale lorsqu’il traite la sortie des
publics : déboutés sans réelles solutions de prise en charge, réfugiés
aux projets d’insertion pas assez engagés …
Philippe ELLIAS, Directeur.
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